Les gens de nos vallées ont du relief

Petite fresque humoristique 1ère partie
Petite fresque humoristique 2ème partie

 

Les gens de nos vallées ont du relief... ....

 

Le père Baptiste n'avait pas l'habitude de se casser la tête, ni pour tenir sa maison, ni pour ses repas. Pour la soupe, c'était simple : dès le matin il jetait 2 beaux oignons dans le  réservoir d'eau chaude de son vieux poêle à bois et le soir il n'avait plus qu'à tirer la soupe au robinet... Baptiste avait en quelque sorte inventé de distributeur automatique de soupe !

Un brouet clair, certes, mais qui avait l'avantage d'être digeste. Pour la gastronomie, ça s'arrêtait là. mais ce régime devait lui convenir car sa santé était bonne..

Sa voisine, la brave maria, avait coutume de dire "Y'a pas que le bouillon qui le tient en forme le baptiste, y'a aussi les alcools... La preuve c'est que l'hiver il est le seul du hameau à n'attraper que le début des maladies (angines ou
grippes) mais jamais la fin".

Chaque année il passait commande d'un tonnelet de 50 litres de gnôle au fils de l'Armand qui allait commercer dans le Charolais, du côté de Bourbon Lancy. Bon an mal an, ce demi hectolitre lui faisait l'année. Mais attention il fallait bien dire demi hectolitre plutôt que 50 litres..."Ça fait moins de petits verre dans la tête des gens" disait-il.

sa journée était cadencée par le petit verre du lever destiné à éclaircir les idées, puis celui de 10 heures pour donner du courage. Le troisième se prenait juste avant la sieste, histoire de bien digérer. Ensuite venait celui qui coupait l'après-midi en attendant  celui qui le conduirait au lit vers les neuf heures du soir.

A tout cela s'ajoutaient les imprévus : les vieux copains assoiffés, le facteur au moment du calendrier, le curé qui ramassait le denier du culte... Dans le cantal on sait recevoir, on n'est pas des sauvages. Et puis il y avait le coup de fatigue et les nuits d'orage qui tenaient les êtres éveillés de peur de voir la foudre s'abattre sur la maison !!! ...

Mais voilà, l'année dernière n'était pas encore terminée qu'il ne restait plus au Baptiste la moindre goutte de son divin breuvage ! Nous étions au mois d'octobre et le gars de l'Armand n'irait pas vendre des broutards en Bourgogne avant un bon mois !

- "t'as d'jà bu les 50 litres... t'y es pas allé de main morte ? "

- "dame, mais c'est qu'on a eu des orages cette année..."

 

Aujourd'hui à l'âge vénérable de 92 ans Baptiste vient de nous quitter... Il a eu sa fin de maladie...

 

"Avec un petit verre de ta gnôle à la main, nous te disons ADIEU Baptiste... On t'aimait bien tu sais... mais c'est qu'il n'est pas mauvais ce breuvage bourguignon !..."

L'abus d'alcool... ... !!!!!!!!!!!!

 

Adieu Baptiste, on t'aimait bien tu sais.

 

©af.COULON

 

Petite fresque humoristique.

LE CANTALOPITHEQUE (1° PARTIE)

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or un coin de cette terre était vide et vague…
…et voilà qu’apparut le Cantalopithèque.
Avant lui l’Afrique était ici peuplée de crocodiles, d’éléphants et de singes. Ibères puis Ligures, savant mélange de sangs nègres et de sangs clairs engendrèrent alors le Cantalopithèque grandi et meurtri de printemps et d’hivers. Les automnes avaient plissé et raidi sa peau rude. Les écirs avaient blanchi ses cheveux. La grêle s’était mise à « raisonner » sur son crâne, et son cœur avait donné gîte à une compagne. Dans des cabanes en planches, il occupait les bois. Le Massif n’était que forêt, succédant aux glaciers.
Le tonnerre éclatant n’ébranla point son âme. La flèche lumineuse de l’éclair ne l’émut point. Bûcheron inlassable, il n’abandonna jamais sa cognée. Silex roc ou fer aigu décuplèrent ses énergies.
« Nature ! Ils devinrent nombreux tes occupants ! Trop abondante cette végétation et cette faune » mais jamais le Cantalopithèque ne s’épuisa ni ne gémit !

Chaque nuit sur la couche son ardeur le poursuivait. L’insolence guettait tous ses oppresseurs, mais rien en lui ne le démontrait malfaisant. Et pour jouir pleinement du repos, l’ombre peu à peu se répandait sur les roches, sur les arbres touffus, sur la rose bruyère. Tandis que le loup rôdait et pissait sur dolmens et menhirs, un vent brutal s’abattait sur la clairière, parcourant les sommets arrondis, sifflant sur les plateaux. Ivre de fatigue, le Cantalopithèque s’endormait en rêvant qu’une douce lignée vint tôt alléger sa besogne.
C’était un foutu guerrier, taciturne à souhait.
A lui seul, il devint une race à nulle autre pareille. Peu à peu, autour de lui, la propriété s’organisa.
Il morcela, divisa, répartit la friche devenue cultivable.
Au diable ! Les sages discours proclamés par des druides. Sa sagesse, il savait la transmettre ; son savoir aussi.

« Regarde, fils, comment procède ton père ! Si tu négliges mes conseils, quand l’épouvante viendra sur toi comme l’orage, quand la détresse arrivera en tourbillons, quand l’épreuve et l’angoisse fondront sur toi, alors, tu me chercheras et tu ne me trouveras pas. »

Cette terre était douloureuse, disloquée, écartelée. Elle se montrait impitoyable, éreintante, épuisante. Elle versait tour à tour dans le cœur des humains la haine ou l’amour, la discorde ou bien l’entente.
Tantôt les champs se couvraient d’or et alors les greniers se remplissaient, tantôt tout n’était que batailles ou colères. Les hommes se déchaînaient, les ouragans saccageaient. Mais qu’avait-il donc fait ? Qu’avait fait le Cantalopithèque pour déplaire aux Dieux ? Avaient-ils été blasphémés ? Les aïeuls trahis ? Qu’importe ! la sueur se remit à couler, la grogne se dessécha. Las, il enfla ses muscles et redoubla de vigueur, parcourut les plaines, gravit les hautes cimes. Rien ne put l’arrêter, il redevint conquérant et que de danses le soir égayaient la clairière ! Plus le jour retirait sa lumière céleste, plus le lieu s’animait, comme pour renaître. Chaque arbre composait le chœur champêtre. Des bardes s’installaient sur de vieux fûts de bois. La claiseach miaulait, la chrotta grinçait. Et chacun de vider son outre pleine.
De hutte en hutte, les rayons de l’astre rond avançaient chaque instant un peu plus. Ils éclairaient l’amour, ils éclairaient la vie. Ils descendaient pour s’arrêter à l’orée du bois. L’œil et le ruisseau avaient la faveur de ces brillants effets. Sur le sol cultivé couvert du plus riche des tapis, des pieds les plus lourds les pas s’assoupissaient.
Sous les lambris de planches, mélange d’ombres et de clartés incertaines, une jeune beauté dormait sur un lit de fougères. Le sommeil semblait avoir dispersé le noir de ses cheveux qui recouvraient ses seins en un voile de caresses. Près d’elle on apercevait dispersées, des poteries emplies de victuailles qu’un des bras pendants semblait garder. Un homme à pas comptés s’avançait, une torche à la main, il faisait silence. Et plus que ce flambeau qui tremblait dans sa main, on croyait le voir vaciller devant tant de beauté. A voir sa mortelle pâleur, on eut dit qu’une apparition, celle d’un elfe tout droit sorti de la forêt lui avait été par les dieux envoyé.
Cette fille qui dormait et qu’un songe embellissait, glaçait ses sentiments en volupté nocturne et faisait fléchir l’arc mobile d’entre ses cuisses …

Un peu plus tard…
… sous le Consulat DECIUS, Saints Mamet et Mary apportèrent lois.
Voilà donc le Cantalopithèque devenu Celte puis Chrétien et Frank à la fois. Légalité par le Municipe romain. Sentiments de liberté par les Franks  et morale par la Croix ! Des monastères fleurissaient. Les dons grossissaient en trésors. Traces de Celtes balayées, tentation des Sarrasins venus d’Espagne pour piller. Mais la ferveur s’étendait. Transport solennel de reliques. Concours aux premières croisades. Election d’un fameux Pape issu des hautes terres.
Le pays prenait de la hauteur.

Magicien, voyant, manipulateur de chiffres arabes, botaniste composant des philtres, Gerbert parvint à faire rouler des paillettes d’or dans les eaux claires de la Jordane.
Mais peu à peu s’accrut le pouvoir temporel épiscopal et seigneurial à la fois. Alors grandit une nouvelle force. Ce pays avait de l’idée. Normal ! du haut des arbres le Cantalopithèque avait appris à regarder au loin.
Ce pays savait où il voulait aller. Avec les Franks arriva la féodalité. Construction de châteaux autour desquels s’abritèrent des « sans défense » qui au lieu d’être attachés aux maîtres le devinrent à la terre. L’esclavage se mua en servage. Petit pas vers la liberté. Le « Nulle terre sans seigneurs » devint « Nul seigneur sans titre ».
La féodalité connut ses crimes. Péages, châtelains rançonnant les passants. Pillages de tous poils rendant inaccessible la haute Auvergne. L’antipathie à cette barbare féodalité conduisit non sans peine à l’idée des communes.
L’an mille passé avec ses terreurs, l’espérance renaquit selon qu’elle se trouvait guerrière ou pieuse. On éleva des tours, on construisit d’autres monastères.
Chaque seigneur attira des colons, offrit des concessions de terres. Les monastères firent de même. Prirent naissance bourgs et villes et par le « colonat » les communes rurales.
On s’organisa, on s’agrandit. La richesse arriva, l’insurrection aussi, mais elle consacra le droit. Ainsi émergèrent les communes. Douloureux enfantement mais fécondité par les douleurs. Un nouvel ordre citoyen prit la direction des bourgs.
Entre nobles et serfs, s’installa une classe, les Bourgeois. Voilà le tiers état qui envoya des auxiliaires au Roy et apprit à faire commerce. Voilà la nouvelle âme. Ruinés les Feudataires princiers, chassés les calvinistes, arrivés avec de grossiers appétits !

Les croisades vinrent affaiblir la puissance féodale. Gerbert ( Sylvestre II) pape et politique, par les ventes foncières des biens seigneuriaux montra une Palestine esclave et prépara ainsi les esprits à de lointaines expéditions.
Urbain II s’emparant de la pensée auvergnate et convainquit le pays qui en avait eu l’idée de passer en phase d’application.
En ce temps-là le Cantalopithèque méprisait les Arts. N’aimant que les affaires et les sciences exactes, il ne faisait cas que des choses utiles et ne comprenait que le résultat d’une addition.
Ailleurs, on aimait la musique, la poésie, la peinture. Ici, on aimait le vin si utile dans un froid pays. Les achats se faisaient à la taverne. Les marchés se concluaient face à une bouteille. Les jardins n’avaient jamais de fleurs. Le Cantalopithèque s’amusait bruyamment, il s’enivrait, se battait. Les charlatans le séduisaient.
Doué de forces physiques démesurées, il pouvait danser un jour entier sans se lasser au son d’instruments criards, trouvant suave à son oreille cette grinçante harmonie.
Le chant et la danse faisaient partie du culte.
Le rythme imprégnait la cadence, il soulevait et tempérait les élans, réglait la marche du soldat, excitait le cheval au combat. Cultivée comme exercice la danse entretenait la souplesse, développait l’agilité. Une ou plusieurs femmes chantaient à l’unisson sur une mesure à trois-huit. L’homme hardi dansait un bâton suspendu au bras, il frappait des pieds, des mains et jetait des cris.
Deux danseurs se cherchaient, s’évitaient, s’agaçaient, se boudaient et se fuyaient. La femme appelait son cavalier et l’ignorait, le désirait et l’évitait, revenait et s’en allait en tournant autour de lui. Ruse calculée, tendre artifice.
Le montagnard Cantalopithèque restait religieux. Il traçait une croix sur la tourte de seigle, il se signait quand au marché il recevait une première pièce de monnaie. Il se signait encore en passant devant une croix. Il faisait bénir sa nouvelle demeure.
Pas un seul artiste dans les familles mais en compensation un curé, un évêque, un militaire un avocat ou un notaire. Réunion de l’instruit pieux de l’ordre et du possessif.
Le Cantalopithèque constituait déjà un être étrangement à part.

Plus tard encore…
… par vagues successives, le pays fut à nouveau soumis à l’oppression, à une dure servitude.
Il demeura envahi sans trouver de répit. Tous ses poursuivants l’atteignirent, les chemins portaient le deuil, nul ne venait plus à la fête. Ses oppresseurs tentaient la possession et voulaient croire à sa ruine.
L’adversaire fit main basse sur tous les trésors du pays. Des païens violèrent les sanctuaires ; dans les cœurs arriva le feu. Malgré le joug sur son cou, le pays avait tendu ses filets. Il avait fait fléchir l’intrus en se rendant plus fort. Traités comme ils avaient traité, payant pour tous leurs crimes, à chaque invasion, tous, par leurs ardeurs, avaient su retourner les destins ; mais partout encore régnait un petit peuple de châtelains, multitude de petits seigneurs aux titres empruntés aux lieux qui ennoblissaient.
Ceux-là minaient le pays, se consolaient à l’église, troussaient les braves filles, engrossaient les servantes et donnaient aux loups les bâtards. Les terres étaient volées, les récoltes confisquées. Les métayers misèraient. Ils étaient sans dépendance, ils appartenaient aux Maîtres.
La chasse était réservée à la noble lignée : les os pour les chiens, les abats pour la ferme. L’âme réfugiée dans la juste violence qui le faisait résister avec vaillance à l’ombre de la plus forte loi, il rentrait en combat sans émoi. Et cet aveuglement lui sauvait la vie et célébrait sa gloire.
Et quand on le croyait vaincu, il rognait un peu plus de possession. Il allait lui falloir encore beaucoup de temps pour rendre son combat légitime. Ce qui paraissait facile à conquérir devint ardu à obtenir.
Noblesse et clergé étaient perclus de ruse ; les renards étaient futés, les manants suspects ; mais le sol et les hommes restèrent en harmonie, tous deux avaient les mêmes surfaces, les mêmes angles.


©AF.COULON

 

LE CANTALOPITHEQUE (2° PARTIE)

 

Plus loin…

…quand arrivé au sommet d’où le libre horizon laissait apercevoir les toits du hameau et sa maison, le Cantalopithèque posait son fusil. D’un revers de manche il s’essuyait le front, heureux de voir monter les fumées des toits. Demeures d’une rudimentaire simplicité. Parallélépipèdes isolés ou accolés, posés en hauteur ou en longueur, dans ces lieux des plus rudes, les toits descendaient jusqu’au sol.

Les murs étaient épais, les ouvertures rares, étables et granges associées à l’habitation, protégées par la paille et le foin. Au milieu des bêtes, se tenaient les veillées. La vache et son veau, le porc qui ronflait, réchauffaient l’air ambiant autant que l’habitant. Plus tard, bêtes et gens furent séparés, mais pour éviter de patauger dans la neige, directement on accédait de la cuisine à l’étable. Une pièce unique abritait toute la maisonnée, parfois divisée en deux.

Le maître couchait dans la cuisine, et les enfants dans la chambre, dans des lits séparés quand l’âge l’exigeait. Saucisses, jambons et quartiers de lard enguirlandaient gaiement le plafond. Endroit essentiel : la cheminée ; quand son conduit était court, il laissait apercevoir les étoiles. S’il n’avait pas de chapeau, on entendait les gouttes de pluie crépiter sur la braise. La marmite pendait à la crémaillère. Sur le côté un coffre pour le sel ; béni, il écartait les mauvais sorts. Au centre de la pièce, une grande table et deux tiroirs profonds pour contenir fromage et pain rond. Deux bancs, deux chaises paillées pour les visiteurs. Creusés dans le mur, un buffet et des lits protégés par un rideau de voyantes couleurs. Un autre coffre servait de marchepied. On dormait sur un matelas de feuilles de hêtre. Pour s’éclairer, le chaleil à huile, puis la lampe à pétrole et la lampe à essence. Le sol battu et gras, humide à souhait, recevait le balai de genêt cerclé d’osier. La sensation de sécurité prévalait sur l’hygiène. Le confort permanent apparaissait dangereux. L’excès de bien-être était pernicieux. On économisait. L’effort devait porter vers ce qui était utile. Le corps médical recommandait plus d’air. Le corps médical recommandait plus de lumière. La santé physique, la santé morale ? Foutaises qui n’étaient pas à l’ordre du jour. Rues des villes, rues des villages, étroites et fort malodorantes. Egalité partout dans la propreté. Le vent, allié des villageois. Les habitants des hautes-terres musculeux et infatigables, à la fraîche carnation qu’air et lait savaient donner, ne tarissaient pas d’ardeurs. Ceux des villes, moins vifs par âpreté du climat et air vicié demeuraient chétifs et maigres.

L’excès de bien-être demeurait pernicieux. Là-haut on s’économisait, en bas on se consumait. Mais partout on savait faire la fête. Pas sautillants et gais, violence de coups de talons, s’excitant, s’unissant pour mieux se répandre. Ensemble ou tour à tour les unes virevoltaient, les autres étendaient leurs bras vers le ciel. En tourbillons d’amour chavirant les cœurs, les pieds, les yeux, les bras par un même instinct s’envolaient, soulevés par un commun délire. On voyait des tourbillons de poussière se lever, monter, descendre et recouvrir la fête. Et plus tard, quand les plaintifs instruments commençaient à languir, épuisés eux aussi ; quand les cheveux mouillés et dénoués tombaient pour coller aux joues les plus ardentes, les danseurs sur les hauteurs des monts se laissaient emporter par une lune nouvelle. Non, tout ne dormait pas.

 

Et pour finir…

…rien ne valait la vie et qu’importait son prix.

OUI, l’Arverne descend du singe, d’un singe d’Afrique, puis plus tard d’une  Toumaï. Traditions des valeurs, valeur des traditions. Le Cantalopithèque a vite compris que celui qui tient la terre détient le vrai pouvoir. Instinct du territoire !

La marmite bout  toujours en partant du fond. Peu à peu la seigneurie s’épuisa : mélange de sangs complices, absence de sang nègre, promiscuité des mœurs, la ruine fut à leurs portes. Ils se tournèrent ailleurs.

La ville les engloutit, de conseils d’administration en conseils de direction. D’autres accoururent en politique, arpentant foires et marchés pour établir clientèle ils avaient trouvé un os à ronger, insectes nécrophages, scarabées des bouses bovines, ils étaient déjà perdus !

Les bouseux y gagnèrent en Paix. Et pendant ce temps-là, accordéons, cabrettes et violons s’en donnaient à cœur joie en faisant danser les braves.

Le clergé se ressaisit et inventa le paradis. Qu’est-ce-donc que la mort ? Serait-ce le Néant – Plût à Dieu ! Dieu de Lucretius impuissant et perdu .

Les âmes continuèrent de flotter entre vie et rêve. Désordre de l’esprit ou froides réflexions ? Le doute gagna, la tradition survécut. Les filles restèrent belles, les roturiers verts.

« Labourages et pâturages » demeura fier adage.

Le pays avançait. La physique s’en mêla et entra en triomphe. L’électricité arriva vers 1938 : mystère pour les uns, maléfice pour d’autres, chacun s’en accommoda lentement. La guerre lui succéda. Le pays combattit à nouveau, bouta les Teutons, résista remarquablement. Retour dans les forêts. L’homme des bois se remit à faire le guet.

Point de tergiversations. Aux lâches la soumission. La terre valait l’idéologie. Le singe avait retrouvé ses arbres. L’instinct commandait au Pays.

Ce haut lieu de contrastes a su fabriquer des êtres à la fois rudes et hospitaliers, discrets et généreux, pudiques et fiers, conteurs et réalistes, courageux sur les couches, taciturnes et volontaires, libres et dépendants, respectueux de la parole et maquignons dans l’âme.

Achabatz d’entrar !

Vous qui n’avez rien compris à ce pays farouche et endurant .

Nous sommes un peuple d’étrangers, mélange de sangs nègre, celte, gaulois, latin, wisigoth, frank, sarrasin, maure, et germanique ….

Du dedans vous nous verrez autrement ! mais d’abord prenez le temps de manger, parler, rire, danser et chanter :

 


Quand le rap

Te parle

Il te dit frappe

Tape le rap

 

Quand t’as le rap

Dans la peau

Adieu tango

Out paso

 

Quand t’as le rap

T’as la bourrée

Tomme râpée

Patates coupées

Truffad’rap

Cantal’rap

 

Quand t’as le rap

Tape du pied

Lève les bras

Tape du pied

T’as la bourrée

 

Tomme râpée

Patates pressées

Quand t’as le rap

Tape rap

Aligot’rap

 

Attention prends garde

Le rap a du goût

Et j’dis tant mieux car de

Nos jours on n’crée plus beaucoup

 

La bourrée ça tape

La bourrée ça date

Le rap ça tape

Le rap ça t’éclate

Quand t’as le rap

Tarde pas et tape

 

Tape du pied

Lève les bras

Cantale rap

Cantal’igot c’est chaud

Cantal dans la peau

Cantal accro

 

T’CHAO

 


©afCoulon