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AVERTISSEMENT
DE POETE…
Qui n’a
pas reçu de message «texto» sur son portable?
Afin de gagner de la place le langage des ces
textos devient surréaliste à souhait;
J’ai lu un
« Dire à DD que G KC L’OTO» ou «J’TM» ou encore
«RV DIM 15 H.»
Je redoute
ce langage de synthèse totalement synthétique.
Sans doute faut-il vivre avec son temps… mais
faut-il pour autant simplifier notre belle
langue au point de la transformer en termes
seulement phonétiques?
C’est au
nom de ma révolte face à ces raccourcis que
j’écris cette chronique.
J’ai
remarqué que dans l’annuaire ou sur les cartes
et guides routiers ou encore sur les panneaux
indicateurs placés à l’entrée de nos villes et
villages, les patronymes de ces lieux sont
maintenant amputés du qualificatif qui les
mettait jusqu’ici en valeur en affichant leurs
plus.
Tout cela
a pour conséquence d’enlever une idée poétique
ou historique voire de gommer une véritable
identité ou qualité de vie du lieu et ceci pour
cause de surface d’impression volontairement
limitée.
Ainsi
trouve-t-on MAURS au lieu de MAURS LA JOLIE,
BARRIAC au lieu de BARRIAC LES BOSQUETS, SAINT
MAMET au lieu de SAINT MAMET LA SALVETAT, SAINT
MARY au lieu de SAINT MARY LE PLAIN, LA CAPELLE
au lieu de LA CAPELLE DEL FRAISSE, YOLET au lieu
de YOLET le DOUX…
MAURS sans
sa JOLIE devient fade. BARRIAC perdant ses
bosquets ne représente plus cette plaine ondulée
où s’épanouissent haies vives et arbres…
SAINT
MAMET perdant la SALVETAT (SALVARE en latin)
oublie le village de la SALVETAT qui exprima en
son temps (1342) le droit d’asile permettant de
donner du temps au temps pour laisser calmer les
colères. SAINT MARY LE PLAIN ainsi qualifié
parce qu’assis sur la haute plaine et ne voulant
pas se confondre avec SAINT MARY LE CROS, situé
plus bas et entouré de pierres (sens du mot cros).
LA CAPELLE DEL FRAISSE, avec sa dénomination
patoise confirmait la quantité considérable de
beaux frênes qui entourent le bourg…et
heureusement il en reste encore.
YOLET LE
DOUX (qu’au Moyen-Age on nommait BIOLET pour
exprimer la grande quantité de bestiaux qui
vivaient dans ses herbages) commune remarquable
par sa beauté et la position agreste de ses
habitations avec d’un côté des jardins, des
vergers, des clairières où il se cultivait du
froment, du seigle, du sarrasin, du chanvre et
du lin avec succès; de l’autre une allure
différente car dans le Cantal la nature ne se
répète pas, la vallée se hérisse de montagnes
dont le vives coupures se prolongent à
l’horizon… Tout exprime ici la douceur, ressenti
d’un balcon placé devant une vallée entière avec
ses métairies et châteaux au milieu desquels
ceux de Caillac et du Doux. L’un avec ses tours
massives, l’autre avec sa façade moderne
Villageois
de ces lieux réagissez, agissez, écrivez,
pétitionnez, convoquez vos élus… ne souffrez pas
de telles amputations.
Vous
verrez il n’est pas loin le temps où pour
uniformiser davantage le nom des communes il ne
sera plus indiqué que leur code postal en cinq
chiffres.
Gardez
bosquets, frênes, gorges, votre douceur, votre
beauté…
J’ai mis
en observation SAINT CHRISTOPHE LES GORGES,
SAINT JACQUES DES BLATS, TESSIERES LES BOULIES,
VEDRINES SAINT LOUP…
Un
internaute lointain qui parcourt la liste des
communes du Cantal doit pouvoir d’emblée nourrir
son imaginaire poétique rien qu’en lisant les
noms de nos cités au patronyme qualifié.
En
acceptant de telles mutilations c’est la poésie,
l’image d’un bien-être, un portrait qui
disparaissent.
Je vous
aurai avertis… C’est un poète qui vous l’aura
dit!
BILLET D’HUMEUR
Vous avez
dit DECENTRALISATION???Nos acteurs politiques,
économiques et administratifs départementaux en
ont récemment débattu à Aurillac (voir compte
rendu paru dans La Montagne).
Quelles
compétences l’Etat va garder? Routes et voies
ferrées resteront à la charge de qui? Quelles
couvertures pour le Haut débit et la téléphonie?
Péréquation? Utilité à venir d’un conseil
général? Qui aura les sous?… telles semblent
avoir été les questions évoquées lors de cette
réunion.
Il est
regrettable qu’aucune œuvre de pédagogie n’ait
été envisagée dans chaque commune où la
décentralisation aurait été expliquée et où
nous, gens du peuple, aurions pu donner notre
avis sur la décentralisation et surtout sur
notre façon de percevoir l’avenir de notre
département.
Si la
décentralisation ne démarre pas d’abord dans la
tête de chaque cantalien, elle sera échec . La
marmite commence toujours à bouillir par le bas.
Il nous faut cesser de laisser le soin à nos
seuls élus de penser à notre place… sinon nous
allons vers une décantalisation…
déjà et hélas bien entamée. Regardez par exemple
les inimitiés- parfois violentes- qui existent
entre certains élus ( un député et un sénateur à
St. Flour, des conseillers généraux entre eux
ailleurs ou encore entre maires de communes
voisines). Ne pensez-vous pas que la
décentralisation risque d’exacerber ces haines
de personnes AU DEPEND DE CHAQUE CANTALIEN.
On ne peut
émettre que des réserves au regard du chemin
parcouru par notre département… fait de petits
morceaux d’actions par ci par là… sans cohérence
générale, sans véritable projet global… c’est
bien ce dernier point qui manque le plus au
Cantal.
ALORS AMIS
CITOYENS CANTALIENS, réagissez. Réagissons et
sanctionnons fort.
Allons
tous voir nos élus et réclamons des réunions
animées par des associations locales. Ces
réunions feraient l’objet de comptes rendus qui
seraient ensuite mis en synthèse et transmis à
nos acteurs politiques, économiques et
administratifs.
Sans cela
nous n’aurons plus le droit de nous plaindre!
12/2002
En cette
période de fête une célébration s’impose:
ODE AUX
FEMMES RONDES
Que
dirions-nous de nos musées si les femmes peintes
sur de somptueux tableaux de «Maîtres»
n’exhibaient que maigreurs et proéminences
squelettiques?
Quel
regard aurions-nous sur des sculptures aux
épaules efflanquées, aux visages émaciés, aux
pommettes décharnées?
Les jeux
de l’amour et du hasard ne nous donneraient
alors que pâles scènes galantes?
LA GLOIRE
FEMININE DEPEND DU VOLUME.
Aux nues
le relief s’impose. Il ne peut en être autrement
Risques de tristesses que la mode doit abolir,
les rondes doivent être encouragées à accepter
leurs débordements qui trouvent en elles raison
de consacrer leurs personnalités et garder leur
naturel.
Oui, gent
dames, gardez vos rondeurs.
Nous
savons tous qu’une maigre n’engendre que
lassitude et monotonie de vie.
Continuez,
je vous en supplie à célébrer la joie de vivre.
N’écoutez
pas les produits allégés, ils contiennent
poison: ce venin qui tue lentement en condamnant
votre liberté de vivre et notre bonheur à vous
contempler.
Rue Émile
Duclaux, rue des Frères ou rue Victor Hugo, je
vous surprends parfois luttant face à une
devanture pâtissière où s’étalent des gâteaux à
la crème, des friandises de toutes espèces ou
des chocolats émouvants.
Laissez-vous donc aller. Jouez à vous faire
plaisir!
Succombez
et riez!
Je rirai
avec vous car je sais que demain quand
l’aiguille de la balance osera s’avancer un peu
plus haut vous crierez:
«Au
diable la tristesse…»
et lorsque
ce siècle s’en ira, grâce à vous sera perpétuée
cette jovialité permanente qui habite si bien
les femmes de chez nous; et qui, avouons-le,
leur va si bien.
Amis
peintres, sculpteurs, poètes, écrivains,
chanteurs, compositeurs: à vos talents!
Le siècle
prochain devra se souvenir de nos femmes rondes.
Chronique pour un mois de
novembre 06/11/2002
Pour se perpétuer l’identité cantalienne doit
entretenir sa mémoire jusqu’à l’obsession.
Mémoire de cet unique cratère qu'est le volcan
du cantal. Il fit naître des montagnes de très
haute altitude pour ensuite lentement les
laminer et les ramener à une dimension plus
humaine.
Mémoire de cet écrin de verdure, d’étendues
d’herbages, d’eaux, de forêts sans lesquelles la
vie n’aurait pas pris naissance.
Mémoire de ces joyaux d’architecture qui
transportent l’émerveillement du simple buron
d’estive (simplicité, économie et utilité)
confondu à la pente de la montagne, à cette
multitude de petites églises trapues, de croix,
de fontaines, de fours communaux, de bâtisses
rurales.
Mémoire de ces femmes et de ces hommes qui
chacun à leur manière ont su se montrer fiers
d’appartenir à ce pays simple et généreux et qui
n’ont jamais cessé de penser et d’agir
humblement pour que sa renaissance soit
perpétuelle. Eh oui, dans le Cantal on est à
l’échelle de l’éternité ; là est toute la
différence qu’on se le dise !
copyright AF. COULON
L’automne
est la traditionnelle période des rentrées: des
classes, des pommes de terre, des châtaignes…
mais aussi celle de la rentrée littéraire..
alors pourquoi pas ce petit conte sans
prétention pour exprimer ce moment!
Les rentrées
de Ran-ran
Ran-ran
était homme de la terre. Célibataire parce
qu’aucune femme n’avait voulu de lui, il n’en
demeurait pas moins un joyeux drille.
Des 12
vaches allaitantes dont il avait hérité de ses
parents il avait su tirer un profit suffisant
pour s’assurer nourritures, fantaisies de la vie
et plus tard une modeste retraite de paysan.
Mise à
part la période du service militaire et le
mariage de l’une de ses sœurs à Paris en 1969,
il n’avait guère eu l’occasion de quitter son
village natal et nourricier de PIERRE-MARIE.
Ce village
est situé au pied du Plomb du Cantal, dans un
décor somptueux. Son rapide portrait: un
château, une église, 13 fontaines, une poignée
de paysans, une coopérative laitière et beaucoup
de maisons qualifiées de résidences secondaires
occupées de temps à autres par des gens issus du
pays ou amoureux des lieux.
La vie de
PIERRE-MARIE s’articule autour de 3 cafés et
d’une épicerie.
Le café
"chez Marinette" servait de lieu de convivialité
à notre ami Ranran.
Le matin
un ou deux petits "blanc’cass", à midi un apéro
et le soir quatre ou cinq "rouges limés"
régulaient le rythme de ses journées.
Les propos
du matin tournaient immanquablement autour du
temps:" Avec tous leurs satellites ils nous
ont tout détraqué… et les savants de
l’agriculture accusent nos vaches… qui pètent
trop et détruisent la couche d’ozone…" se
plaisait-il à proclamer sitôt qu’il apercevait
une nouvel attablé. C’était sa phrase
scientifique fétiche.
A midi il
y avait trop de monde inconnu pour qu’il
s’aventure sur le moindre sujet: des ouvriers,
des routiers, des V.R.P… alors Ran-ran écoutait,
souriait sous son béret et enregistrait. Le lieu
lui servait de journal. Il apprenait tout ce qui
se passait sur le canton: travaux, morts,
histoires de fesses…
Mais
c’était le soir qu’il restait le plus longtemps
dans l’estaminet, et quelques fois même il
tapait la belote avec Louis, le curé et le
ferrailleur. Là le monde se refaisait et quel
monde!
C’était
toujours Ran-ran qui donnait le signal du
départ, avec le même rituel, la même phrase: "
je vais ren..ren.. rentrer, j’ai mon ch…ch…chien
qui m’a…a…attend" . Son surnom venait de là.
Ran-ran
était bègue.
Si ses
temps libres (ses RTT, disait-il d’un trait et
sans bégayer) étaient rythmés par ses passages
chez Marinette; sa vie de travail avait toujours
été cadencée par les rentrées saisonnières:
rentrée du bois à l’automne suivie par celle des
vaches à l’étable, rentrée des foins, des pommes
de terre…sans oublier la rentrée d’argent
apportée par la vente des ses broutards lors de
sa période d’activité rurale et puis bien sûr et
surtout, les rentrées du soir après son passage
au café.
Bien que
sans enfant (faute de femme!) il se soumettait
également à la rentrée des classes. Dés le
premier jour de classe il entamait la lecture
d’un livre, celui que lui avait offert sa nièce
d’Aurillac à l’occasion de Noël.
A raison
d’un chapitre par jour il arrivait allègrement à
la fin de l’ouvrage en quinze ou trente jours
selon le nombre de pages. Parfois lorsque un
chapitre était plus sentimental il le relisait
deux ou trois fois de suite.
Avec
humour il répondait à ses interlocuteurs plutôt
moqueurs:
" Là les ga…gars
je…je…ne..ne… bég…bégaie pas".
Il avait
lu: Le Grand Meaulne de Fournier, L’Amant de
Duras, Le Pitaud de Galoni, Hasard de JM. Le
Clézio…et bien d’autres.
Ses
copains lui avaient bien dit qu’il devrait lire
la Bible "elle te tiendra plus longtemps.."
mais il trouvait le pages trop fines pour ses
gros doigts.
Pour cette
rentrée des classes 2002 il s’attaquerait à
Paolo CUELHO: l’Alchimiste, son dernier cadeau
de Noël.
Un mort
subite, à la page 422, dans son lit, l’emporta
avant qu’il n’ait pu terminer l’ouvrage.
"Mais
c’est qu’il était devenu savant notre Ran-ran…"
proclama le curé lors de l’oraison funèbre.
Toute l’assistance sourit et accompagna Ran-ran
pour sa rentrée dans ce prétendu Autre Monde,
celui où l’on ne bégaie plus!
Après ses
obsèques sa nièce trouva dans le tiroir de sa
table de cuisine trois cahiers d’écolier remplis
de réflexions issues de ses lectures et
rencontres plus un conte né probablement dans
l’esprit de Ran-ran:
PETIT ÂNON SANS
NOM.
POMME a quatre
ans.
Pour son anniversaire ses parents lui ont offert
un petit âne gris.
Plusieurs fois, dans la journée POMME court au
pré pour s’assurer que son ânon ne manque de
rien.
De l’herbe, il a à volonté.
De l’eau, le seau en est rempli.
De la tendresse, POMME sait lui en donner.
Elle lui parle, le flatte, le caresse, lui
confie dans le creux de ses longues oreilles ses
secrets les plus secrets.
Il ne lui manque qu’une chose, un nom.
Comment appeler cet âne, reçu en cadeau?
Un soir où il fait nuit POMME décide d’aller
rendre visite à son âne, dans le pré.
Dans le ciel la lune brille, bien ronde,
souriante et emplie de lumière.
L’ânon est prés du seau, en train de boire toute
l’eau.
La lune se reflète dans le seau, au beau milieu
de l’eau.
Soudain, POMME ne voit plus le lune dans le
seau.
L’ânon a bu la lune.
C’est décidé, il l’appellera GOBE-LUNE.
Tous les livres (18 au total) et le conte furent
offerts à la bibliothèque du village.
Ran-ran n’avait pas totalement disparu. Ses
livres lui survivaient… et qui sait, là-haut, il
y a peut-être une très grande bibliothèque où
Ran-ran passe ses journées… sans avoir à se
soucier de rentrer pour soigner son "Flator"
parti poursuivre sa vie de chien à Aurillac!
MEMOIRE D'ENFANCE
HEUREUSE
(Octobre 2002)
Je vous
avertis, l’enfance d’un petit cantalien peut
s’avérer terrible! Écrire sur un lieu c’est
inévitablement parler du temps, de ce temps qui
appartient au passé mais qui se vit au présent,
dans nos têtes.
Quand il s’agit d’évoquer l’enfance et ces jeux
qui nous plongent dans l’imaginaire, le gamin
qui demeure en nous aujourd’hui se plaît à
effeuiller et à détacher par pincées ces
morceaux de passé.
Chercher à attraper des orties pour tracasser
les jambes des filles, ramasser des fleurs de
pissenlit arrivées à maturité et aller les
souffler, par surprise, aux narines des copains
suffisaient à occuper nos jeudis de grand beau
temps.
Nous n’étions pas privés non plus de prés, de
champs, d’arbres et de bois : bois verts,
élancés, frênes enracinés sans le sol, épais
buissons, haies de mûres et murs de pierres
sèches; tout n’était qu’enchantement,
insouciance, joies de vivre.
Mes oreilles résonnent encore de cet air que
maman savait fredonner en écartant le linge
tandis que je lui passais les épingles : Un
auvergnat n’avait qu’une chemise ; Elle était
faite en toile bise ; Il la retournait tous les
ans : " Bigre ! qu’il fait bon dans du linge
blanc ! " Vu des cabanes que nous investissions,
je me rappelle d’un ciel plus bleu qu’il ne
paraît aujourd’hui.
Le secret espoir de trouver quelques poteries ou
mieux encore des pièces de monnaie oubliées par
des Celtes ou des Gaulois, excitait nos
curiosités.
Nous nous étions pris de passion pour le jeu de
quilles et les jours de mauvais temps nous
explorions le grenier d’Adrien où un vieil
accordéon nous laissait entrer dans une sorte
d’univers fantastique et de rêves où
s’entremêlaient cirque, carnaval ou bal du 14
juillet.
Pendant ce temps les filles retiraient des
cartons poupées en porcelaine ou en celluloïd,
baigneurs, ours en peluche… Il y avait aussi un
vieux poste de TSF à galène, mais c’était une
autre histoire ; nous n’avions pas le droit
d’écouter seuls !
Je suis demeuré ce gosse assis devant le
tableau, sans doute inachevé, d’une enfance dont
la simple évocation m’éclabousse d’un bonheur
perpétuel. Et je me sens incapable de formuler
autrement le coin de terre qui détermine
l’irremplaçable tendresse qui habite ma mémoire.
Je vous avais prévenu dans ce pays une enfance
peut s’avérer terriblement merveilleuse; et la
vôtre ?
Cantalthérapie
(Septembre 2002)
Chacun sait
que l’automne apporte son lot de mélancolie dans
les cœurs et dans les âmes.
Les jours vont vers un raccourcissement
inéluctable. L’été animé, joyeux et vivant a
laissé la place à la solitude, au silence, au
froid. Il se dit même que le taux de déprime
atteint des niveaux maximum.
Alors, amis cantaliens, si tel est votre cas, je
vous propose une cure, une thérapie par et grâce
à notre cher Cantal: une Cantalthérapie…
étonnant non?
Cette cure passera par vos cinq sens: la vue,
l’odorat, l’ouïe, le toucher et le goût.
Essayez, vous m’en direz des nouvelles… j’ai
pratiqué et obtenu gain de cause, parole de
cantalien!
La vue: si le temps le permet (et
c’est souvent le cas en automne) partez un matin
du col de Font de Cère et parcourez le sentier
des crêtes jusqu’au Puy- Mary avec retour par le
même chemin et en prime pour les plus courageux,
l’ascension du Puy Griou.
Vous reviendrez emballé par tout ce que vous
aurez vu. Vous vous serez imprégné de
l’environnement de cet unique cratère qui
composait le volcan du cantal. Votre fatigue
sera saine. Vous aurez abandonné votre
mélancolie devant une telle magnificence
déployée rien que pour vous. Vous vous étonnerez
dés le franchissement du col de Rombière, puis
celui du col de Cabre et arrivé à la brèche de
Roland un ultime élan vous propulsera vers le
sommet.
Vous comprendrez alors que vous appartenez à un
pays rare dont vous êtes l’un des héritiers.
Si votre courage manque (normal en début de
cure) prenez votre voiture et passez par Murat,
Albepierre, Prat de Bouc, la Sagnette, descendez
sur la vallée de Brezons puis rentrez par le
Carladès. Il y a très peu de monde sur cette
route où les vaches vous regardent passer et où
l’air est d’une rare pureté… Arrêtez-vous
souvent, contemplez le paysage, admirez le
château de la Bohal, l’église de Brezons… et
pour finir imaginez-vous prenant une collation
avec la célèbre reine Margot, amie des poètes et
autres artistes…Oh! que cela vous fera du bien!
Après la vue, attaquez-vous à l’odorat.
L’automne se répand en couleurs certes, mais
aussi en odeurs.
Marchez le long d’un pré où le regain vient
d’être coupé, ouvrez grand vos poumons… vous
percevrez des senteurs végétales à nulle autres
pareilles. Rendez vous ensuite vers La Feuillade
en Vézie, dans le bois de Cancelade, sous les
chênes et bouleaux. Grattez et humez l’odeur de
ce sol, de sa mousse et des champignons … vos
narines seront flattées. Surpris par
l’importance de certains cèpes vous serez saisi
par l’envie de les cuisiner, pimentés d’ail,
pour qu’un fumet "extra-ordinaire" vous mette en
appétit.
Empli de ces richesses olfactives, vous serez
vite convaincu que notre terre cantalienne sait
se montrer généreuse pour les siens, dés les
touristes partis.
Vous avez donc habillé votre vue des plus beaux
paysages cantaliens et vous y avez ajouté tout
ce qui peut le mieux flatter votre odorat, votre
Cantalthérapie avance. Vous êtes sur le chemin
de la guérison, courage!
L’ouïe. Aventurez-vous sur la
route entre Mauriac et Aurillac et stoppez votre
véhicule au niveau de la cascade des Salins.
Dirigez-vous à pied vers la cascade. Bâti juste
au–dessus, le viaduc de chemin de fer offre ses
douze arches. En un seul jet, l’Auze franchit
ici un escarpement basaltique de 30 mètres de
haut. Passez sous la cascade, faites une longue
halte et imprégnez-vous du bruit de cette eau
pure qui descend pour s’écraser plus bas en
multiples remous…Le spectacle est fabuleux…vous
assistez à une symphonie en eau, interprétée par
Dame nature. Oubliez tout, ne pensez plus à rien
et vos soucis seront emportés par les flots en
vous laissant un sentiment de bien-être… normal,
non loin de là se trouve la fontaine dite des
Druides, dont l’eau présentait parait-il des
qualités thérapeutiques.
Sur le chemin de votre retour, prenez le temps
de repérer une troupeau en estive et écoutez les
sonnailles de nos belles vaches rouges. Et si à
ce moment le vent vous apporte du plus loin, le
tintement d’un clocher, vous atteindrez la
plénitude d’une harmonie intérieure jamais
ressentie.
A présent cheminons vers la guérison par
le toucher.
Emportez-vous en châtaigneraie, vers Cassaniouze
par exemple. Ramassez des châtaignes, celles que
vous dégusterez cet hiver au coin de l’âtre…et
d’où elles sauront vous rappeler les souvenirs
de cette journée par leurs craquements provoqués
par la chaleur et par l’embaumement de votre
maison tout entière grâce à cette délicieuse
senteur du terroir propres à elles et à elles
seules.
Le contact de vos mains avec la châtaigne
(privée de sa bogue bien sûr) ressentez-le comme
sensuel, chaud, décontractant. N’hésitez pas
pour en acquérir ces bienfaits de les laisser
tourner entre vos doigts longtemps, le plus
longtemps possible.
Le soir, chez vous, prenez un livre.. l’un de
ces livres écrit par un auteur cantalien… et ils
sont nombreux. Vous resterez surpris de
constater que le livre, avant d’être ouvert et
pour l’être de façon désirée, doit être touché,
tourné, caressé… telle la châtaigne, car ils
préparent l’un comme l’autre à tellement de
belles émotions. Prenez un Jacques Mallouet, son
"Jours d’Auvergne" ou le "De la Cère au Danube"
de la douce Annie Paillissé-Capmau, ou le "Rimelines"
de Daniel Brugès ou…
Vous serez alors saisi de l’envie de rentrer
dans l’ouvrage, d’en parcourir chaque ligne pour
vibrer du plaisir de découvrir un peu plus les
femmes et les hommes de chez nous habités par
l’amour de leur Cantal.
Pour clore cette cure j’ai volontairement gardé
le goût .
Pour satisfaire ce sens essentiel et vital,
montez chez Annie et Gérard au buron de Font de
Cère du Lioran. Là-haut dégustez une salade de
lentilles de Planèze puis un tripoux d’Aurillac,
une truffade et pour conclure un cornet de Murat
garni de framboises et de chantilly.
Une semaine plus tard, reproduisez ce menu chez
vous entouré de vos meilleurs amis… Vous
sentirez alors que votre guérison est accomplie,
votre joie de vivre a regagné votre esprit et
peut-être alors penserez-vous à me remercier?
Et si d’aventure vous ne vous sentez pas
totalement guéri: le compositeur français
Camille SAINT-SAËNS (Camille cinq sens) créa en
1886 une fantaisie musicale intitulée "Le
carnaval des animaux"… trouvez un
enregistrement, écoutez, écoutez-le sans cesse,
jusqu’au total accomplissement de votre
résurrection….
Rire
Rire de tout est la meilleure façon de regarder
la vie.
c'est que nous savons faire en pays cantalien.
Alors pourquoi ne pas faire une fête autour de
l'alambic ? . (août 2002)
Pour cet été, j'ai envie de faire ressusciter
l'alambic, cette infernale machine qui savait si
bien distiller fruits et raisins pour faire
naître un nectar très corsé, plus pousse-repas
que pousse-café et qui a presque totalement
disparu de notre belle région.
Imaginons donc qu'à la fin de cet été 2002 nous
cherchions à louer un grand champ de pomme de
terre, en prenant bien soin que la récolte ait
été accomplie. Tous rassemblés dans ce champ,
nous pourrions alors envisager de passer une
longue soirée, jusqu'à l'aube du surlendemain.
et cela s'appellerait une « patate-party ».
L'alambic distillerait les pommes de terre
qu'apporteraient tous les participants qui,
ensuite s'enivreraient avec le breuvage issu de
l'infernale machine. Cette boisson originale
(mais pas tant que cela, puisque les polonais la
connaissent depuis longtemps et même certains de
nos arrières grands-parents - à l'époque de la
dernière guerre- !) rendra plus amoureux les
plus timides, plus artistes les plus maladroits
et donnera du verbe haut aux plus taciturnes
d'entre nous.
Et comme il n'y a pas de fête sans musique ; des
musiciens, à l'aide de grandes cueillères en
bois du pays taperaient sur des poêles ( les
padelles comme on les appelle ici) en harmonie
avec deux joueurs de pipeau (qui auraient été
bergers dans une vie antérieure).
Pour les moins enclins à la musique et à la
danse, ils pourraient se regrouper dans un coin
du champ et évoquer le Dieu CelteTeutatès ou
autres Dieux Gaulois, en récitant le Te Deum de
la pomme de terre.
Ah ! un détail, s'il ne nous était pas possible
de louer un champ de patates, peut-être
pourrions-nous louer un champ de betteraves et
notre fête prendrait alors le nom de «
Bête-rave-party ». ? Et je vous l'assure
l'alcool de betteraves n'est du tout
désagréable.
Un dernier point : « L'abus d'alcool est
dangereux ». Intéressant non ? Vous êtes
avertis, alors riez et donnez -nous votre avis.
A tous ceux
que la méfiance guette à l’égard de "l’étranger"
qui viendrait vivre au Pays…
Notre
avenir serait-il Tchadien
Vous
rendez-vous compte, à l’heure où le volcan du
cantal surgissait et bien avant l’ère glaciaire
(entre 75 et 10.000 ans) qui devait le laminer :
naissait TOUMAÏ.Ce fossile découvert très
récemment au Tchad par l’équipe de Michel
BRUNET, aurait 7 millions d’années !Fabuleuse
découverte !TOUMAÏ est-il " apparentable " à la
lignée des chimpanzés ?Sa face plate et ses
petites canines lui confèrent l’apparence de
l’ancêtre de l’homme.Sa boîte crânienne allongée
et aplatie accréditerait sa ressemblance à un
chimpanzé.
Nous, pauvres hominiens, appartiendrions-nous à
cette grande famille des singes ?L’homme
descend-il donc du singe ou demeurons-nous un
singe parmi les autres ?TOUMAÏ est-il bipède ou
quadrupède ?A quel moment remonte la séparation
homme-singe ? si toutefois elle s’est produite ?TOUMAÏ
est-il le témoin de cette séparation ?" C’est en
tout cas le plus ancien représentant de la
lignée des grands singes à laquelle nous
appartenons " répond Pascal PICQ
paléoanthropologue au Collège de France.Serions-nous
les derniers survivants de cette espèce ?
Au-delà de cette somme de questions qui
dorénavant va nous tarauder, il me paraît
essentiel de connaître le sexe de TOUMAÏ.Est-il
homme ou femme ?" La femme étant l’avenir de
l’homme " (Jean Ferrat), je plaiderais pour que
TOUMAÏ soit une femelle.
Qu’en pensez-vous ?Je vous aurai prévenus, dans
ce pays il nous arrive de penser….
juillet 2002
Je vous aurai averti,Chez nous les femmes ont du
caractère et elles sont tenaces
Fille de
Bredom, dentellière à Murat CATHERINE FOURNIER
tente de sauver la reine MARIE-ANTOINETTE.Fils
de Durand Hurgon, dit Viscarden, et d'Antoinette
Benesty (vivant à Albepierre), Jean HURGON
épouse en 1737 une fille de Bredom, Catherine
Faucillon. Ne trouvant ni travail ni logement à
Albepierre les jeunes époux se sont installés à
Bredom.De ce foyer naîtront cinq filles et trois
garçons.
C'est la dernière des filles Catherine (la
tradition imposait alors que les enfants portent
le prénom de leur marraine ou parrain) qui
inscrira son nom dans l'histoire de France.Bien
que bossue, " mal faite " et au physique ingrat
Catherine apprendra à lire, à écrire et à signer
grâce à sa tante et marraine Catherine
Faucillon, soeur du tiers ordre de saint
Dominique, une menette comme on dit au pays.La
terre ne pouvant assurer la subsistance de toute
la famille, le ménage Hurgon s'installe à Murat
à partir de 1750 pour y tenir une auberge.
Catherine y apprend la dentelle, première source
de revenus pour bon nombre de Muratais d'alors.Catherine
prendra époux à l'âge de 36 ans en l'église de
Bredom en présence des familles dont l'oncle
Benesty qui signera pompeusement les registres
" de Benesty " pour essayer de se donner une
image plus bourgeoise.
Le mari de Catherine, Jean Fournier (originaire
de Brujaleine), est
brassier-voiturier.Parallèlement vit à Murat une
famille Basset dont le fils Jean-Baptiste
apprend le métier de perruquier grâce à son
cousin Traverse.Alors que débute la Révolution,
Jean-Baptiste décide de monter à Paris pour
faire fortune. Il se lancera dans la
politique.Peu à peu Murat plie sous le joug
révolutionnaire.
Catherine Fournier, respectueuse des
institutions monarchiques, canalise toute son
énergie pour lutter contre la municipalité, la
fermeture de l'église de Bredom, les prêtres
assermentés.. combats qui vont la conduire une
nuit en prison.Lassé des compromissions de son
épouse Jean Fournier décide de quitter Murat
pour partir s'installer à Paris avec sa famille,
au 44 de la rue de la Vannerie.Des amis
originaires de Murat dont Basset intègrent
très vite les Fournier dans leur cercle et
Catherine se persuade de plus en plus qu'il y a
quelque chose à faire pour sauver la reine
emprisonnée à la Conciergerie.
Le plan d'un complot voit le jour. On dénombre
déjà plus de 540 hommes prêts à participer à
l'enlèvement de la reine.Les jours passent et
l'heure de l'exécution de la reine approche, son
procès a débuté et Catherine exprime de plus en
plus son impatience devant la lenteur de la mise
en place du complot, ". nous n'avons pas besoin
de paroles, il faut des gens qui sachent
frapper. ".s'écriera-t-elle au cours d'une
réunion clandestine.
La veille de l'exécution de Marie-Antoinette
l'organisation est démantelée, Catherine,
Basset, et un peu plus tard le fils Fournier
sont arrêtés.Ils sont dix neuf à être
emprisonnés à la Conciergerie.Ils ont été
trahis.La reine est conduite à l'échafaud.
30.000 soldats forment haies sur le trajet. Des
canons sont placés sur les ponts, aux
carrefours, sur les places. La reine est
guillotinée à midi un quart ce 16 octobre.Peu de
cris " Vive la République " montent de la foule.
Au jugement (du 21 au 27 nivôse) aucun reniement
ne sortira de la bouche de Catherine ; 51
témoins seront entendus. Les débats seront
houleux.La question posée au jury sera : "
A-t-il existé, au mois de vendémiaire, une
conjuration tendant à égorger les membres de la
Convention Nationale, ceux des autorités
constituées et à enlever de la conciergerie la
femme Capet pour la soustraire à la vengeance
nationale et proclamer Louis XVII ? "Catherine
Fournier et Basset seront condamnés à mort.Le
jeune Fournier est lui, condamné à 20 ans de
détention après avoir été exposé en place
publique.Les autres accusés seront acquittés
mais resteront en prison.
Obéissant à une double fidélité : à la monarchie
et à la foi traditionnelle (pas celle dispensée
par de prêtres assermentés), Catherine Fournier
marque inévitablement Albepierre, Bredom et
Murat de son empreinte.Le caractère populaire de
cette tentative de complot (que les historiens
appelleront " conspiration des perruqiers ")est
à remarquer. Autour de Catherine : de petits
commerçants, des artisans, des ouvriers. aucun
noble, aucun riche propriétaire.
A l'heure où " féminité " est devenu maître-mot,
on ne peut que se réjouir de voir une femme,
militante, conspiratrice, admirative de
Charlotte Corday, vouloir à ce point sauver une
autre femme, " l'Autrichienne ".Lorsque
Catherine vit que le complot de prenait pas
forme assez vite elle s'écria " Vous êtes tous
des lâches, indignes d'être hommes. "Nous
n'avons pas le droit d'oublier Catherine
Fournier, la dentellière qui a sacrifié sa vie à
son idéal de fidélité, ni le Muratais Basset qui
à 21 ans s'est fait l'artisan d'une cause
désespérée, ni l'enfant Fournier exposé vivant
sur l'échafaud en place publique pour que le
peuple vienne l'humilier..
Je vous avais averti, les femmes d'ici vont
jusqu'au bout de leurs idées. ce pays a du
caractère.
"CANTAL
PASSION URBI ET ORBI. Coup de Gueule
Notre site
CANTAL PASSION, offre un panel tel que chacune
et chacun peut y trouver tout ce qu’il cherche
au sujet de notre cher département :
connaissances d’un lieu, poésies, idées de
balades, pages d’annonces, résultats et analyses
liés à des compétitions sportives, photos
anciennes ou actuelles, programmes de fêtes
villageoises, livres, expos….C’est votre site.
Il est urbi et orbi.Urbi, car il s’offre aux
gens de chez nous.Orbi, car il renseigne ceux
qui ont envie de venir découvrir nos lieux de
vie, d’histoire, d’architecture, de pleine
nature…Il a vocation à contribuer au mieux-être
et à la mise en valeur de notre CANTAL.
Il peut aussi permettre d’attirer des " exilés "
venus de la ville, d’une autre Province, d’un
autre pays !Dans les chroniques mensuelles que
je rédige j’essaie de faire valoir les
composantes essentielles de la vie d’ici : les
hommes et les femmes qui ont " fait " ce pays,
qui en ont forgé le caractère.Face à ce
déballage d’énergies (celles des gestionnaires
du site, des autres chroniqueurs, photographes
amateurs…), chers amis concitoyens Cantaliens,
vous ne savez opposer que du SILENCE , de
la PASSIVITE.
Cela m’inquiète et me met mal à l’aise.Seriez-vous
à ce point immergés dans l’inertie actuelle du
volcan cantalien ?Faudrait-il que nous soyons
plus provocateurs ?Nos pages sont-elles à ce
point anesthésiantes ?Les sujets abordés
manqueraient-ils de sel ?Serions-nous morts sans
que nous le sachions ?Aujourd’hui et plus que
jamais, (et sans doute parce que nous sommes en
périodes électorales) il est question de
l’avenir du Cantal (professions de foi des
candidats, meetings, articles de presse, grand
débat…).Je crois l’avenir sérieusement menacé
par le fait que nous donnons l’impression de ne
plus avoir de ressorts, d’esprit d’analyse et de
contradiction.
Si nous continuons d’attendre tout des élus…
nous allons à l’échec le plus total. Peut-on
réellement miser sur l’avenir au moment où des
idiots parlent d’un pact du minimum vital
pour ce type de département !Non chers amis,
c’est par la base, par nous et nos idées que
nous ferons avancer les choses.
Le site CANTAL PASSION peut servir de tribune
permanente à ce débat. Pourquoi s’en priver.Pour
l’anecdote : une dame de SEQUEDIN dans le Nord,
Madame BRIGITTE FOUACHE, infirmière libérale,
est la seule personne qui ait réagi à l’une de
mes chroniques : celle qui célébrait
humoristiquement la pomme de terre.
Elle me rappela avec beaucoup de sel, que le
Nord était la capitale française de la pomme de
terre, mère patrie de la frite… mais elle trouva
" adorable " le fait de rendre hommage, par ce
texte, aux modestes jardiniers de notre terroir.
Rassurez-vous je ne suis pas à la recherche de
compliments, j’ai passé l’âge. Mon seul but est
de répondre présent quand notre département se
pose des questions sur l’avenir.A vous de
jouer,Répondez, critiquez, proposez (le site est
ouvert à tous ceux qui veulent se faire
connaître) et rions ensemble.
Nous pourrions d’ailleurs répandre auprès de la
presse locale, des élus, des associations tout
de vos réactions et analyses.
Cantal Passion est un site vivant animé par des
êtres en vie qui œuvrent pour que se perpétuent
les valeurs du pays, gages d’avenir.
JUIN 2002
J'ai inventé une machine à remonter le temps
cantalien.
Interminable cet escalier en colimaçon !
Vais-je enfin sortir de ce long parcours
effectué dans une presque totale obscurité ?Une
mince flamme de bougie tremblote devant moi, son
approche paraît impossible.
Plus j'avance, plus la flamme maintient sa
distance. Si je fais marche arrière, la lueur se
déplace également et l'écart persiste.
Visiblement je fais du surplace. Le mouvement de
mes jambes n'est qu'illusion.Comment sortir de
cette ténébreuse situation ? La peur commence à
me gagner. Mon front se perle de sueur.Même
assis sur le rebord d'une marche, la flamme
continue de me narguer.Désemparé, je frotte
vigoureusement mes yeux. Les gouttelettes de
transpiration viennent subitement agrandir mon
champ de vision. Une grande clarté surgit alors,
une porte s'ouvre.
Je pénètre dans une immense pièce dont la
totalité des murs est recouverte de splendides
tapisseries représentant des scènes bucoliques.
Au milieu de la pièce une longue table de bois
recouverte d'une nappe en dentelle de Murat,
présente neuf couverts dressés sans aucun doute
pour attendre des convives dont je dois être le
premier arrivé.Chaque assiette réalisée en fine
porcelaine de Limoges, représente un personnage
cantalien illustre.
En bout de table, il y a GERBERT, pape Sylvestre
II, né à Saint-Simon en 940. Habillé de ses
lourds vêtements pontificaux et coiffé de sa
tiare, il est assis devant une table sur
laquelle sont répandus différents composants,
qui rassemblés constitueront une horloge à
balancier.
Ce pape fut à la fois, sorcier, scientifique,
mathématicien, inventeur et compositeur de
musique.Un religieux est placé à la droite du
Saint Père : Jean de ROQUETAILLADE né vers 1300
à Yolet.
Debout il surveille des cornues bouillonnantes
d'où s'échappent des vapeurs multicolores.Ce
moine alchimiste était aussi prophète reconnu.
Il annonça publiquement un nombre important de
faits qui se vérifièrent : invasion des anglais,
bataille de Crécy, prise de Calais, la peste
(appelée mort-noire), la famine.A côté, le
peintre François LOMBARD né prés de Saint-Flour
en 1607 termine d'apporter quelques dernières
touches à son chef d'ouvre intitulé : " Petit
mangeur de pois ".Puis, le cruel marquis Gaspard
d'ESPINCHAL, né en 1622 à MASSIAC. L'assiette
offre son portrait ; ses yeux exorbités sont en
relief.Spécialiste dans l'enlèvement de belles
filles, il commet aussi plusieurs meurtres et
estropie son propre fils dont il soupçonne
l'illégitimité avant de tenter d'empoisonner
Hélène de Chateaumorand.
Né à Vic-sur-Cère en 1694, Louis de BOISSY ne
semble pas troublé de se retrouver assis prés
d'un grand criminel. Louis de BOISSY est habillé
de son costume d'académicien. Ses pièces de
théâtre, très prisées pour leur gaieté et leur
esprit très satirique lui valurent son élection
au temple de la littérature.
Il écrivit entre autre : " Les dehors trompeurs
" et " L'homme du jour ".De l'autre côté de la
table quatre autres invités :Tout d'abord un
officier : Charles Alexandre d'ANTERROCHE, né à
Murat.
L'air hautain, il fixe froidement une
hypothétique ligne d'horizon. C'est lui qui sut
répondre aux Anglais lors de la bataille de
Fontenoy en 1745 , alors que ceux-ci proposaient
aux Français de tirer le premiers : " Messieurs
nous ne tirons jamais les premiers, tirez
vous-mêmes ". A ses côtés Louis GROGNIER , né à
Aurillac en 1775, professeur de botanique
médicale, d'hygiène et de zoologie à l'école
vétérinaire de Lyon.
Parmi ses ouvrages le " cours de multiplication
des animaux domestiques ".Il contemple
d'accouplement d'un verrat et d'une
truie.Dominique DUFOUR des PRADES né en 1759 à
Allanche, aumonier de l'empereur, accompagne
ici Napoléon à Bayonne (1805). Il fut ensuite
nommé ambassadeur à Varsovie.
Et enfin, le baron Alexandre DELZONS, né à
Aurillac en 1800 avocat mais surtout historien
local des plus distingués. Ses articles
composent les annales de l'Arvernie depuis les
temps les plus reculés jusqu'au X° siècle.
Il pose devant une bibliothèque emplie de très
vieux ouvrages.
Mais que suis-je venu faire ici ?A peine la
question posée, j'entends arriver des pas,
lourds, presque cadencés.Entrent des laquais,
porteurs de candélabres d'or, tous allumés.Ils
vont me chasser, la chose paraît probable pour
ne pas dire certaine.Non, je n'attire même pas
leur attention.Ils déposent leurs candélabres à
différents endroits, sur la table.
La pièce qui était jusque là suffisamment
éclairée, devient à présent féerique. Toute
l'argenterie placée prés des couverts finit elle
aussi par jouer d'éclats lumineux comparables à
ceux qu'offriraient des diamants qui auraient
été déposés ça et là.Serai-je devenu homme
invisible ?L'un des laquais m'ordonne alors de
courir chercher des bûches afin d'alimenter la
cheminée dont le feu ne présente plus que
quelques braises rougeoyantes.
Je suis donc laquais, comme eux.Je sors de cet
étonnant univers où tout n'est qu'extra-ordinaire
pour aller accomplir la tâche demandée.Dehors le
froid est si vif qu'il me saisit et me réveille
en sursaut.Assis dans mon lit, je comprends
alors que tout cela n'était qu'un rêve. un rêve
certes, mais grâce auquel en simple corvéable
j'ai pu apercevoir quelques-uns des hommes qui
ont su marquer par leur image et aider au
rayonnement de ce cher et grand CANTAL.
Je vous avais prévenu, j'ai inventé une machine
qui aide à remonter l'histoire du Cantal à
travers les hommes qui l'ont habité, aimé ou
laissé trace de leur passage. bien d'autres
auraient pu mériter une part de ce rêve :
AJALBERT, ASTORG, BEAUFETI, BEAUFILS, BELLOY,
BERNET, BREZONS, BRIEUDE, BRISSON, CAMBEFORT,
CANDEZE, CHALVET, CHAPPE, CINQ-ARBRE, DELZONS
Alexis, DERIBIER, DESSAURET, DESTAING, DEVEZE,
DUBUISSON, DURAT, ESQUIROU, FONTANGES, FORTET,
Catherine FOURNIER, GANDILHON GENS d'ARMES,
GANILH, GERAUD,GIOU, GUILLAUME d'AUVERGNE,
GUITARD, HIGONET, HUMIERES, JACOBI, JONIN,
LABOUDERIE, LABROHA, LAPARRA de FIEUX, LARONADE,
L'HOPITAL, LIZET, LOMBARD, MANHES, MAYNARD,
MILHAUD, MIRAMON, MIREMONT, MONTAUDON, MOURGUES,
NOAILLES, ODON, PAGES de VIXOUZE, PIGANIOL,
POMPIDOU, RANGOUSE, RAULHAC, ROBERT, SISTRIERES,
TOURNEMIRE(s), VAIR, VERNHES, VEYRE, VIGIER.à
vous d'en trouver d'autres. il y en a encore. Ce
pays est riche.
01/06/2002
Que
dîtes-vous de cette "pensée"
Amis visiteurs, je vous aurai avertis.
Nous avons dans le Cantal un peuple de nomades,
celui des estives.
Le
soleil d'un chaud après midi plonge derrière les
collines arrondies qui bordent les plateaux du
haut Cantal.Les vaches sont traites à nouveau
par les hommes qui ont parcouru une bonne
dizaine de kilomètres pour les rassembler.
Les jeunes garçons barrent les ouvertures de
l'enclos fabriqué pour les traites avec des
buissons épineux. A l'intérieur quelques vingt
personnes, tous des hommes et deux cents têtes
de bétail qui, une fois la traite accomplie,
vont rester là pour la nuit.
Le lait rassemblé, les hommes et les garçons
reviennent pour le repas du soir : lait, oeufs,
tapioca, oseille, mélangés.L'obscurité est
tombée.Les jeunes traînent, plaisantent,
parient.Les autres prisent et palabrent.
Sous l'arbre des sacrifices un poulet vient
d'être immolé pour que les Dieux viennent se
percher au dessus et écouter les mortels
recommander leurs morts pour qu'ils continuent
de leur envoyer sécurité et prospérité.Le lait
est mis en caillée par les femmes, dans
d'immenses marmites chauffées dessous par des
bois morts.Demain la caillée sera pressée,
roulée et mise à sécher à l'air libre (mais à
l'ombre) dans de grandes corbeilles en fibres
végétales, jaunies par le soleil.La nuit
s'installe et les sommeils aussi.
De temps à autre une vache trépigne, une chèvre
tousse, un bébé pleure.Deux hommes se croisent
en chuchotant et se faufilent d'un abri à un
autre. Ils ont rendu visite à leurs différentes
épouses.Peu à peu tout ce peuple d'estives
s'enfonce dans la sérénité d'une nuit nomade.
Ai-je tout inventé ? Avez-vous rencontré ce
peuple cantalien ?Racontez !
26/04/2002.
Chut ! chez nous, les arbres nous parlent...
Je vous aurai
avertis.01/04/2002Un enfant me demanda un jour
ce qu'était un poète.Je mis longtemps à lui
répondre.
La meilleure définition que j'ai pu lui donner à
été la suivante :« C'est toi un poète. L'enfant
que tu es sait regarder les choses autrement,
avec ton imagination, ta sensibilité, tes rêves.
» et nous avons parlé aux arbres.
ARBRE,Cinq lettres réunies sous le masculinPour
exprimer une puissance gracileQui écarte ses
bras par-dessus les cheminsPour, à tous les
oiseaux offrir asile.Conifère ou feuillu, point
de rivalitéL'un se pique d'orgueil quand arrive
NoëlL'autre d'avoir contemplé telle royautéEt
là, le témoin du péché originel !Arbre à
palabres, de Judée ou de vieIl sait être témoin
d'inutiles propos.Exaltée d'ardeur et envoûtée
de magieSon ombre est bénéfique à tous genres de
repos.
FORÊT,Cinq lettres réunies sous le
fémininPluriel du précédent, tu en es le
vaisseauTon musc s'est épris de goût sauvaginEt
mille couleurs te muent en héraut.
FORÊT,En gardienne du silence, tu le séduisPour
ensuite l'offrir aux Muses et au poèteVenu
attendre que tombe la nuitEt que s'éclaire la
voûte céleste.
FORÊT,Protectrice des espèces les plus
petitesAntre mystérieux, secret et
insoliteHabile refuge du chevreuil traquéAux
hommes tu donnes image de probité.
ARBRE, FORÊT,Masculin singulierPar son féminin
confondu en plurielsPour alors se répandre en
mille fiertésTelles la vie, l'amour, la mort.
faits de champs virtuels.
Amis visiteurs, je vous avais avertis,
racontez-moi ce qu'ils vous ont dit.
Ô Patate
Nous te
louons, ô Patate, nous te proclamons Reine,O
Reine du royaume de la terre.Tous, hommes,
femmes, enfants, porcs, te proclament sans
cesse.
Sainte ! Sainte ! Parmentier un jour t'a
ramenée.Les cieux, la terre, nos jardins et
assiettes sont emplies de ta gloire.Le chour
souterrain des vers de terre,Le très vénérable
sir MAC'DOL'armée métallique des éplucheuses. Le
petit « économe » de nos tiroirs. La Sainte
Bouffe Proclament ton nom d'infinies manières,et
te vénèrent,en robe ou papillote, éfritée,
râpée, gratinée ainsi qu'écrasée, consolatrice
des édentés.Ô mère d'inépuisables saveurs
Teutonne Kartoffel. De ta terre noire
débarrasséeTavelée, belle et jaunie tu
apparais.Pour apaiser l'hommeTu n'as pas eu
horreurDes entrailles du sol.Tu as brisé
l'aiguillon de la mort. Ouvert nos estomacs au
parfum de ton corps.Tu es assise au fronton de
d'édifice culinaire cantalien.Nous te supplions
de continuer à nourrir tes serviteurs.
Fais que n'apparaisse jamais, la patate
transgénique.Sauve ton peuple roturier. Et
demeure notre héritage. Chaque jour nous te
bénissonsEt nous louons ton nom dans ce siècle.
Et dans le siècle à venir.Daigne nous préserver
des intentions scientifiques de nos nobles
savants.Aies pitié d'eux. Patate, aies pitié de
nous. Et que ta grande miséricordeSe répande
encore dans les jardins de nos villages.J'ai
espéré en toi,Ô Pomme de Terre !
Jamais nous ne pourrons être rassasiésA jamais
demeure inégalée. Je vous avais avertis chez
nous la table est bonne : chou farci, potée,
pounti, tripoux, tarte aux myrtilles, cornets de
Murat, et la célèbre truffade toute faite de
pommes de terre d'ici. avez-vous aimé ? ? ?
01/03/2002
Avertissement aux futurs « explorateurs » de ce
pays.
Notre département vient
d'être classé premier de France pour la sécurité
(express n° 2639 de début février 2002).
Bravo ! Parmi les synonymes du mot sécurité nous
trouvons : fiabilité, sérénité, tranquillité,
assurance et fidélité.
C'est eux que je préfère à l'interprétation
purement basique du mot sécurité au travers de
chiffres qui ne vantent que le faible nombre de
crimes et délits de tous poils !Ailleurs le sens
d'un pays prend parfois des formes absurdes :
paraître pour paraître est devenu souvent trop
primordial.
C'est parce que notre Haute-Auvergne a été
pétrie par des siècles d'histoire,
d'architecture qu'elle sait être fiable, sans
artifices.
Aujourd'hui elle a su conquérir une identité
supplémentaire , celle de la sérénité, par sa
couleur verte : celle des arbres, des forêts,
des prairies.Ses pentes douces et raisonnables
ont su façonner les femmes et les hommes qui
vivent ici.Après avoir lutté contre des légendes
pittoresques : avarice, Gallia comata (Gaule
chevelue), mal-propreté (voir la création
théâtrale et musicale de J. ARNAUD pour
l'Alcazar en 1932, intitulée «
Le premier bain d'un
Auvergnat »),
et autres clichés.
Nous avons tranquillement laissé nos vallées et
montagnes assurer nos richesses.Ici les
richesses ne s'étalent pas au soleil elles se
perçoivent du dedans.Notre terre de contraste
nous a faits à la fois rudes et hospitaliers,
discrets et généreux, pudiques et fiers,
conteurs et réalistes, taciturnes et
volontaires, libres et fidèles, respectueux de
la parole donnée et « maquignons ».
Tout habillé de vert, comme les académiciens, le
sanctuaire que nous habitons est celui de
l'accord parfait entre hommes et matière.«
ACHABATZ d'INTRAR »« FINISSEZ d'ENTRER »Le
Cantal est splendide mais il est farouche et
endurant.
Du dedans vous n'aurez pas le même regard.N'est-il
pas doux de chercher dans le lointain, les
rougeurs du matin et d'écouter les échos qui
chantent derrière nous.Arrêtez-vous, prenez le
temps de manger.On ne contredit pas un vieillard
cent fois millénaire ...je vous aurai
averti..A.F.COULON 02/2002
17/02/2002
PREMIER
BAIN D'UN AUVERGNAT
SCENE COMIQUE 1932
Paroles et
musique de H.Marcoud.
|
Refrain
Je
jura, j m'facha Ch'est un bon système Si
tous mes pays f'saient d'même On
s'moqu'rait pas Des Ouvergnats.
|
1er
couplet
Hier
le médecin me dit: sans plus attendre
Pierre il faut aller prendre un bain
demain matin. Un bainça vous
rafraîchira. J'suivrai dis-je votr
précept. Pour m'rafraîchir j'acceptemais
pas pour me lava.
|
2ème
couplet
J'ai
beau m'mettre en courrouxJ'puis pas
emm'ner CathrineJ'lui dis qu'ça me
chagrineTu vas rentrer chez nousUne
auch'tre fois cha vaudra mieuxJ'f'rai
vignir un' baignoireDedans dans plus d'histoireNous
nous mettrons tous deux
|
3ème
couplet
Enfin
l'garçon paraitTandis que j'm'démèneSans
tarder il m''mmèneDans un p'tit
cabinetPuis soudain m'enferm'dedansPrès
d'un' baignoire en cuivreA dix huit
choux la livreCa valait plus d'
trent'francs.
|
4ème
couplet
Le
garchon voit bientôtQu'il faut pas qu'on
m'attrapeIl tire une choupapeOu pass'
l'eau que j'avais d'tropJe plonge un
doux tranch' portMon corps dans l'onde
claireJ'y rechete une heure entièrepuis
une autre encor
|
Fouchtra ces bains làQuel drôl' de
chistèmeMais j'ai bien prouvé tout
d'mêmeQu'on n'se moqu' pasDes Ouvergnats
|
|
Mais viens y
donc méchant gringalet de quatre sous... Est-ce
que tu prends un Ouvergnat pour une bête ?
vougggri! Mauvais marchand d'eau chaude! Sais tu
bien que je n'aurais pas besoin de ta
marchandise pour te laver la tête, bouggri ! Tel
que vous me voyez je viens de rester dans un
bain pendant plus de deux heures la rête dans
l'eau jusqu'aux deux oreilles, vouggri ! Je vas
vous expliqua la choje, ne faites pas attention,
mais je dois être tout pâle tant je suis rouge
de colère.
Attendu qu'il n'y a que les gens sales qu'ont
besoin d'aller au bain pour se nettoya. Ce matin
je dis donc à Catherine mon épouje: pour
l'instant nous allons laisser le charbon
tranquille. Je ne sais pas ce que c'est que
cette mécagnique de bain chaud qu'on me guit de
prendre, mais ch'est égal, tu vas faire un
piquit bout de toilette et je t'emmène, cha ne
coutera pas plus cher pour deuche que pur un et
tu te rafraîchiras en même temps que moi ,
vouggri ! Chucchintement, nous arrivons au bain
de la rue Cossonnerie et je me demande au
burreau une baignoire et de l'au chaude pour
Catherine et moi. Mais voila que l'on me répond
que l'on ne peut pas nous mettre tous les deux
dans la même baignoire. Est- che que vous
plaisantez ? que je réponds parceque nous ne
chommes jamais été au bain, vous espérez vous
moquer de nous ! Vous croyez donc que j'ignore
que la famille Gravelache est alée un soir dans
un bain qu'on appelle l' Ambigu qu'ils ont vu
jouer le chpectacle et qu'ils ont tenu six dans
la même baignoire vouggri !
Collectivement je renvoie donc Catherine et
j'entre dans un grand couloir ouch que cha
chentait bon la léchive et le chavon de
Marseille, bouggri ! J'donne mon numéro à une
magnière de garchon de café qui me le prend et
s'en va sans rien plus me dire. En attendant
qu'il me fache chauffer de l'eau je commence à
me dejaébiller dans le couloir; je me déchausse,
je require ma veschte, mon gilet, ma chemise,
mes chaussettes et mon chapeau. Finalement,
ayant tout retiré je m'aperchois que j'ai oublié
de prendre un calechon de bain, bouggri ! a che
moment il entre un echepeche d'echecogriffe qui
me prend pour un nègre et me dit que j'aurais du
au moins garder mes bretelles; je deviens pâle
comme la mort, j'attrape une cherviette et je me
la mets au cou, et comme ch'était trop court, je
perds patience et je me mets à crier: Eh garchon,
faites-moi entrer dans l'eau chaude, ou je m'en
vas trouver la marchande de bain et j'me fais
rendre mon argent, fouch'tra ! et la dessus je
jura
Ch'est comme je vous le dis, il m'enferme sans
me dire seulement de quel côté l'on che met dans
chette grande casterolle. Enfin je ne fais ni
j'une ni deuche, je retire mon pantalon et je me
dis : Au pequit bonheur, on doit d'abord mettre
chimultanément l'une après l'autre, les deux
jambes bouggra ! Je m'avanche donc et je trempe
une première jambe, mais la première choje que
je vois c'est une échepeche de bouchon que
ch'est imbécile de garchon (pour me faire une
niche) avait attaché au bout d'une ficelle, je
fais semblant de rien j'aveine mon couteau, je
coupe la fichelle, et je retrempe une seconde
fois une chegonde jambe...Vouggri di couquine !
ch'était trop chaud ! Je ne fais ni j'une ni
deuche, je repasse mon pantalon et je fais
vignir le garchon...Mais ch'est trop chaud que
jje lui dis...Chuccintement il me montre au
dessous d'une espèche de piquit bénitier
quelqque chose comme un serpent en cuivre
bouggra ! et me dis que je n'ai qu'à tourner
pour avoir de l'eau froide. Resté seul je
retire mon pantalon et je me mets à tordre le
cou à cet animal de cherpent de fachon que l'eau
froide coulait comme du tonneau de mon coujin
choulignac, vouggri ! Je retrempe donc une
troisième fois une troisième jambe dans la
grande chaudraniaque...vouggri ! di couquine
ch'était de la glache ! Je ne fais ni j'une ni
deuche je repasse mon pantalon et je fais vignir
le garchon..Je lui echeplique la cchoje et
j'apprends que le cherpent de droite verchait
de l'eau chaude. Une fois seul je tods le cou à
la couquine de couleuvre, je remplis le rechte
de la baignoire et retirant mon pantalon je
trempe pour la quatrième fois une quatrième
jambe.Bougrra ! Ch'était plus chaud que la
première fois. Au risque de cuire comme une
écreviche, que je me dis il faut que je l'endure
mille chiaux d'eau du diable ! d'autant plus
qu'il n'y avait plus de plache pour mettre de
l'eau. J'essaye donc de me glisser dans cette
bouillante limonade, mais je veux que le diable
me brûle, si j'euche pu seulement enfoncer le
demi-quart de la moitié de mon individu ans que
ça déborde vouggri ! Je ne fais ni j'une ni
deuche je repasse mon pantalon et je fais vignir
le garchon.. Donnez moi un chiau, que je lui
dis. Miq cha che fait dans la baignoire qu'il me
répond. Dans la baignoire ? Vous croyez pas
qu'elle n'est pas assez pleine ? Est che que
vous croyezque je ne me suis pas aperçu que vous
vouliez vous fiche de moi, en me tendant des
ficelles dans les jambes, en faisant nager des
bouchons et en m'enfermant à double tour et la
dechus je Jura
depuis le jour de mes noches, je n'avais pas
éprouvé une pareille sensation bouggra ! Au bout
d'une heure ce n'était plus de l'eau c'était de
l'encre ! Pour en prendre le plus possible j'ai
réchepiré pendant deux heures rien que par le
nez, bouggra ! Comme vous le voyez il n'y a
absolument que le haut de ma tête qui n'a pas
trempé fouchtrra ! Pendant que j'étais dans
l'eau, je me chouviens que le médechin m'avait
dit: "Quand vous serez dans le bain, il faudra
prendreun oeuf ou deux cha vous enlèvera les
pédicures qui envahissent votre tête" Cheulement,
j'avais négligé de lui demander chi chetait à la
coque ou chur le plat que je devais les manger
bougrri ! Enfin je me les fais chervir sur le
plat ma is je crois que j'en aurai bien mangé
une douzaine que cha ne m'aurait rien fait du
tout ! Bougrri ! Pourvous fignir je me rhabille
et pour essayer encore de se fiche de moi, voila
cet animal de garchon qui me demande si je n'ai
pas besoin de pédicure ? Des pédicures ? que je
lui dis, vous voyez que j'en ai plein la tête
que je mange des oeufs pour que cha disparaiche,
et vous m'en proposez vougrri ! Et puis qu'est-che
que vous me demandez ? Vingt six chous pour deux
j'oeufs sur le plat ! Bougrri! Vingt a chi chou
pour du jeu ! Teu mouque de ieu bougrri ! A t'
za moya me meun d' jute d'la chumo de fiutza pu
teu que te bailla ingt a chi cheu pour du jeux,
coune vaut de Badabé, Frimouche de Louchtrougnai
! Ah t'za moya me men t'échtrangouilla a la
bricaine don vougrri! d'une poutonde rifraine de
rifaille bougrri ! |